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  • : Charles Antoine VERLY
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  • : Ce blog est le prolongement direct des nombreuses heures passées à reconstituer l'histoires de nos familles. J'espère que les liens tissés au fil des années trouveront dans ces pages un moyen de se poursuivre encore longtemps.

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Vendredi 27 juin 2008


Je voudrais vous parler aujourd'hui de mon frère aîné : Pierre-Louis. Quand il était petit la famille disait  "Petit Pierre" pour de différencier de papa que s’appelait aussi Pierre. Le prénom de Louis, celui de son parrain Louis Ravez, ne fut ajouté que plus tard quand il  commença ses études vétérinaires.

 De notre enfance lilloise j’ai de nombreux souvenirs qui me reviennent en désordre à la mémoire. C’est le frère qui faisait plein de choses différentes. Il avait dix ans de plus que moi et tout ce qu’il entreprenait était source d’admiration. Il avait constitué un magnifique herbier dont j’aimais feuilleter les planches et surtout regarder la belle écriture sur les étiquettes. Il dessinait très bien et  l’horoscope noir et rouge qu’il avait reproduit était une source inépuisable de rêveries. Il sculptait aussi, je me souviens d’une tête de bouddha qu’il avait accroché dans le couloir de la maison de Sainte Hermine. Il était mélomane et avait une culture musicale impressionnante. Avant que Gustav Malher devienne « à la mode », ses symphonies n’avaient plus de secret pour lui et en corollaire ... il détestait Bach et Mozart ! Il collectionnait des tas de choses insolites : un crâne de chien, un tête de fou de bassan qu’il avait nettoyé en la faisant bouillir pendant de longues heures dans l’arrière cuisine de Lille avec force de thym et de laurier pour masquer l’odeur infecte de sa cuisine insolite. Il fumait du Clan dans sa pipe et il avait fière allure en classe de prépa avec son calot rouge sur lequel il avait cousu des breloques et une touffe de piquants de hérisson.

Ensuite il est parti 4 années à Alfort pour faire ses études à l’école vétérinaire. Cette réussite était la grande fierté de ma mère. Je le voyais moins, seulement pendant les vacances et encore pas toujours car il commença très tôt à travailler chez des vétérinaires pour des campagnes de prophylaxie ou pour faire des remplacements. Et quand il rentrait quelle fête ! il avait toujours des tas de choses à nous montrer ou à nous donner : Un vieux fusil acheté à Pierrefort, des clystères en étain, des antiquités qu’il chinait lors de ses passages dans les fermes.

 

Une garden Party pour la fin de ses études avec une affiche de Jean Effel, un voyage à New York avec sa promotion s’ajoute aux souvenirs encore très vivaces de cette époque Alfort.


Ensuite il s’éloigna encore un peu plus pendant son service militaire qu’il effectua en République Centrafricaine. Sa curiosité se tourna alors vers l’art africain : statues en ivoire, bracelets de cuivre mais aussi de magnifiques papillons que je me fis une joie d’étaler et de retrouver les noms grâce aux timbres qu’il nous envoyait sur ses lettres.

 

Ses lettres … quelle joie quand elles arrivaient. Une belle écriture régulière, un style enlevé, des anecdotes à la pelle, elles étaient attendues avec impatience. Je les ai gardé longtemps dans le placard de ma chambre et j’aurai du les conserver car elles auraient été une mine d’information pour l’histoire de la famille. J'ai montré un jour une de ces lettres au graphologue de la Banque. Il a bien voulu me dire une choses mais tellement vraie sur cette écriture : "C'est quelqu'un qui a su garder la naïveté de son âme d'enfant." On ne peut pas mieux caractériser sa personalité.


Il y encore plein de souvenirs à évoquer mais je vais être trop long et d’autres personnes peuvent prendre le relais. Ghislaine qu’il épousa en juillet 1964. Ses 6 enfants Catherine, François Régis, Alexis, Renaud, Blandine et Antoine. Les souvenirs d’Abidjan, d’Alençon et de Lille, ceux de Nantes et de Chartes, ils peuvent aussi vous les faire partager. De ces époques je garde avec émotion les quelques mois que nous avons passés ensemble à Abidjan où j’effectuais mon service militaire, je lui ai fait découvrir Chicago Transit Authority et Atom Heart Mother que j’écoute toujours en pensant à lui. Et lui, il a quand même réussi à me faire apprécier les lieds d’Hugo Wolf !

 

 

Mon frère aurait eu cette année 70 ans et ce 27 juin 2008 marque le vingtième anniversaire de sa mort. Ne l’oubliez pas : c’était un homme formidable.

Je t'embrasse Pierre Louis.

 

par Charles Antoine VERLY publié dans : VERLY
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